Rencontrer Patrick Chastel, c’est partir en voyage, c’est faire une traversée qui vous mènera de La Rochelle à l’Afrique en passant par le Brésil, les Tuamotu pour aboutir à Hiva Oa aux Marquises dans le sillage des grands navigateurs et des hommes d’exception que sont Bernard Moitessier et Jacques Brel. Car Patrick Chastel appartient à cette famille là, à cette génération d’humanistes pour qui la mer, la voile sont à la fois une passion et un art de vivre, pour qui le rêve, l’utopie sont les conditions élémentaires pour changer le monde et réinventer la vie.

Tout a commencé dans la banlieue parisienne à la fin des années soixante où dans l’effervescence de ces années là, Patrick finit par succomber à l’appel du large pour débarquer sur le fenua en 1973. Jeune professeur au collège Sainte Anne d’Hiva Oa, c’est à cette époque qu’il rencontre Jacques Brel et c’est à la mort de celui-ci en 1978, alors qu’il est rentré en métropole, qu’il fait ses premiers pas de journaliste en écrivant une rubrique nécrologique pour le quotidien feu le «matin de Paris». Ce journal va bientôt le réemployer en tant que correspondant et lui demander de suivre le voyage officiel de Monsieur Giscard d’Estaing en Polynésie française l’année suivante.

Dans la foulée, il écrira quelques nouvelles dont certaines seront éditées puis il achètera un voilier, dirigera une école de voile à la Rochelle, partira sans un sou avec sa fille en Afrique où il vivra de petits boulots puis au Brésil et enfin de nouveau à Hiva Oa en 1986 où il retrouvera les soeurs du collège de Sainte Anne. Devenu correspondant de «La Dépêche» il s’intégrera complètement à la vie locale, apprendra le marquisien et se passionnera pour cette culture exceptionnelle.

Au début des années 1990, il s’embarque dans un voyage au long cours dans la littérature en publiant des nouvelles dans «Tahiti Pacifique» puis un recueil aux éditions Au Vent des îles le sourire du Tiki. Suivra un ouvrage pour enfants la légende de Hai Puka illustré par Catherine Chavaillon .

En 2003 son rêve d’être publié par un éditeur parisien se réalise : les éditions Carnot éditent son roman l’enlèvement aux Marquises, relatant une histoire passionnante d’amour et de disparition. Ce même roman fera l’objet d’une traduction aux Eta ts-Unis. Un deuxième roman sera édité Droit dans le mur au titre prémonitoire pour les éditions Carnot qui feront faillite malheureusement la même année.

Patrick Chastel s’intéressera alors de nouveau au public adolescent avec Le marae du grand banian (Au vent des îles) ou les aventures d’un club des cinq à la polynésienne. Et puis, cette année, il nous propose un magnifique ouvrage Voyage au pays des oiseaux Kula réalisé en collaboration avec Catherine Chavaillon, un livre qui fait déjà l’objet tout comme Le marae du grand banian, d’un travail pédagogique avec des élèves de classe de français.

Thierry ROUSSELET